L’art du vitrail
Le vitrail consiste à sertir dans un réseau de plomb soudé des pièces de verre découpées. La composition repose autant sur le tracé que sur les qualités propres de chaque verre – couleur, transparence, texture et relief – qui modulent la lumière et transforment l’espace.
Pour ces paravents, la vitrailliste Sophie Toporkoff assemble des verres en tons battus soufflés par la Verrerie de Saint-Just, fondée en 1826, qui fournit toujours créateurs contemporains et restaurateurs du patrimoine. Les panneaux de verre sont ensuite sertis et intégrés à des structures en frêne massif réalisées par le menuisier d’art et Meilleur Ouvrier de France Louis Monier.
Le dessin
Chaque paravent est d’abord conçu à travers des croquis, des plans à l’échelle et des maquettes. Ce travail permet de définir les proportions, la composition, le réseau de plomb et la forme de chaque pièce de verre. Ces documents servent ensuite de guide à Sophie tout au long de la fabrication.


Choix des verres
Chaque pièce est découpée dans un verre soufflé fabriqué par Verrerie de Saint-Just. Teinté dans la masse lors de sa fabrication, le verre possède une couleur, une texture et une transparence qui lui sont propres. Chaque feuille est selectionnée en fonction de la lumière et des effets recherchés.



Imposition des gabarit
À partir du dessin, chaque pièce est transformée en gabarit puis positionnée sur les feuilles de verre. Sophie choisit soigneusement leur emplacement afin de tirer parti des variations de couleur, de texture et de transparence propres à chaque plaque. Avant même la découpe, cette étape influence l’aspect final du vitrail.

Découpe du verre
À partir du dessin, Sophie découpe individuellement chaque élément avec un coupe-verre. Les formes doivent être parfaitement ajustées avant l’assemblage.


Le meulage
Cette étape permet de corriger les légères irrégularités de la coupe, d’obtenir un ajustement parfait entre les pièces et de garantir leur bonne insertion dans les baguettes de plomb.



Le sertissage
Chaque morceau de verre est inséré dans une baguette de plomb en forme de H. Une fois les pièces en place, les ailes du plomb sont délicatement rabattues contre le verre afin de le maintenir fermement. Ce réseau de plomb assure la solidité du vitrail tout en devenant une partie essentielle de son dessin.



Le soudure
Aux intersections, les baguettes de plomb sont soudées à l’étain. Cette étape est complétée par un masticage final qui permet de rendre le panneau rigide et durable.

Un des panneaux du paravent CONTREPOINT A, désormais achevé, s’apprête à rejoindre l’atelier de Louis Monnier pour être intégré à sa structure en frêne massif.

Photos : Alexandre Onimus